Tilburg : Une destination surprenante

Tout ce qu'il faut savoir sur la ville de Tilburg, comment y vivre et les choses à y faire.

Lorsque j’ai appris que je partais à Tilburg, j’ai au départ ressenti un peu d’appréhension, j’avais en tête une petite ville pas très belle et où il n’y avait pas grand chose à faire. Quelques recherches Google plus tard et j’essayais d’affiner l’idée que j’avais de cette ville. Tilburg, c’est une ville du Brabant-Septentrional (Sud des Pays-Bas), 200 000 habitants et l’une des meilleures université d’Europe.  C’est une ville très peu connue en dehors des Pays-Bas (j’ai entendu « Tilburg? C’est quoi ça? » un nombre incalculable de fois) et qui ne semble donc pas très dynamique au premier abord. Néanmoins, Tilburg s’est révélé être une destination d’échange surprenante sur bien des aspects.

 

 

Dès l’arrivée à la gare de Tilburg (la ville ne possédant pas d’aéroport, tout le monde passe par la gare), on se sent accueilli chaleureusement dans cette petite ville méconnue. Ce sentiment d’intégration qui ne vous lâchera plus se doit en grande partie au meilleur des partenaire d’échange, j’ai nommé : l’I*Esn. I*Esn, c’est le comité encadrant les étudiants internationaux et Erasmus. C’est un comité tout bonnement incroyable de par l’implication de ses membres et de la qualité de l’accueil qu’ils réservent aux étudiants. Ces derniers préparent un « Arrival Day » où ils viennent chercher tous les étudiants à leur arrivée en gare pour les aider à bien s’installer. Là, vous rencontrerez vos futurs-premiers amis et le comité vous aidera à régler vos affaires importantes avant – bien évidemment – d’organiser une fête dès le premier soir.

Du peu que j’avais entendu des retours d’étudiants revenus de Tilburg, une place dans la résidence universitaire me semblait obligatoire, et c’est en effet le cas. Les étudiants internationaux se voient réservés deux bâtiments complets de résidence qui deviennent vite les QG de l’échange. Les places sont limitées et il est donc essentiel de s’y prendre dès l’ouverture des réservations pour s’assurer d’avoir une place. Le prix des résidences est d’environ 2 000 euros pour la session (3 000 $), il existe d’autres options pour se loger, souvent un peu moins chères mais plus compliquée car non meublée et moins adaptées aux étudiants. Les résidences sont des gros bâtiments de 5 étages avec 16 chambres par étage. Chaque étage se partage le salon, la cuisine et la salle de bain. Même si 16 personnes peut paraitre beaucoup, les pièces sont très grandes et disposent d’assez de capacité pour ne pas être gênés par les autres étudiants. Les parties communes sont nettoyées environ 3 fois par semaine ce qui fait qu’elle sont en moyenne assez propre. Les chambres sont (bien) meublées et assez agréable à vivre et pour y travailler. Les résidences sont situées à 2min du campus de l’université et sont un peu à l’écart du centre ville (qui reste à 10 minutes en vélo via une piste cyclable directe). Je conseillerais donc les résidences à 100%.

Voici quelques photos d’une chambre et des parties communes des résidences.

Les premiers jours sont réservés à la découverte de la ville et des choses utiles à savoir. Assigné à un groupe d’une quinzaine d’étudiants, vous allez découvrir toutes les ficelles et notions de la culture Hollandaise. Des premiers mots de Néerlandais à l’achat (indispensable) d’un vélo, le comité I*Esn vous accompagne dans toutes les démarches obligatoires pour bien se préparer à un semestre extraordinaire. En guise de récompense, et pour briser la glace, une soirée à thème est organisée chaque soir pour vous permettre de se familiariser avec un autre aspect important de la culture Hollandaise, la fête. Car les Hollandais sont partisans du « Work Hard, Party Hard » et ils excellent dans les deux. C’est aussi l’occasion de commencer à rencontrer les autres étudiants internationaux, venant de partout dans le monde. Cette première semaine, nommée « Top Week », donne le ton de l’échange, où vous allez, découvrir plein de choses, rencontrer des gens venant des quatre coins du globe, et vraiment avoir du fun avec eux.

Un des points notables de cette semaine d’intégration est l’initiation au Cantus. Le Cantus c’est une tradition Hollandaise qui est de loin l’une des choses les plus fun et les plus originales que j’ai faites. Plusieurs centaines de personnes se retrouvent le long d’immenses tables en bois et s’installent. Un groupe de musique entre alors en scène et joue une grande variété de chansons passant par les plus populaires (The Beatles, Country Roads, etc.) aux chansons traditionnelles Hollandaises et Allemandes. Tout le monde est obligé de chanter en cœur avec eux et, à la fin de chaque chanson de finir sa bière, puis le groupe recommence une chanson. Il y a cependant quelques règles à respecter comme ne pas boire pendant une chanson ou ne pas se lever sans autorisation. L’ambiance est extrêmement conviviale et la fête qui s’en suit est vraiment incroyable.

Quelques photos du International Cantus du printemps derniers.

Bien heureusement, la « Top Week » n’est pas le seul moment où la fête est au rendez-vous à Tilburg. Assez étonnamment, la ville possède une « Nightlife » diverse et très agréable. Tout d’abord, il y a le Carpe (prononcé Carpé), le bar de l’I*Esn. Chaque mardi, le comité organise un souper/predrink dans les résidences ou quelques étudiants (chacun y passera à tour de rôle) cuisinent pour les autres, et où vous pourrez donc manger et boire à – presque – volonté pour la modique somme de 4 euros (5-6$). S’en suit une soirée privée à thème dans le bar que l’I*Esn possède en centre-ville appelé le Carpe Noctem. Le fait de retrouver tous les étudiants internationaux et les prix – très – bas du Carpe (1 euro la bière) vous feront passer sans aucun doute des soirées mémorables. Le bar ferme vers les 4-5h du matin et le trajet en vélo du retour sera certainement une belle source de souvenir également ; sans être dangereuse car comme presque partout aux Pays-Bas, le vélo est roi et de gigantesque pistes cyclables sillonnent la ville. D’autres bars, comme le Red Devil, le Boekanier ou le Polly permettront de varier les ambiances et de plus se retrouver avec des locaux tout en profitant de prix toujours abordables, chaque bar ayant généralement sa spécificité ce qui rend les soirées diversifiées et peu chères.

De manière générale, le coût de la vie à Tilburg est similaire à celui de Montréal, si le logement est peut être un peu plus cher (mais justifié selon moi), la nourriture et les sorties sont plus abordables. Vous apprendrez vite à apprécier les différents « Korting » (rabais en Hollandais) qui rythmeront vos semaines. Le transport quant à lui est vraiment moins cher, le vélo suffisant amplement à tous les déplacements.En effet, Tilburg, comme dit plus haut, est parsemée de pistes cyclables, parfois aussi larges que des routes. Cela a d’ailleurs été pour moi un autre choc de culture, il faut savoir que certaines maisons ne donnent que sur des pistes cyclables.

Un vélo est donc indispensable pour pouvoir se déplacer partout en ville. À n’importe quelle saison, c’est d’ailleurs le moyen le plus efficace pour se rendre d’un point A à un point B. La ville met à disposition des habitants de grands parcs de stationnements surveillés où vous pouvez garer vos vélos sans craintes. En effet, es vols sont quand même courant si l’on oublie d’attacher son vélo, cependant, un bon cadenas vous assure une tranquillité d’esprit absolue, Tilburg restant une ville très sécuritaire. Pour un vélo de seconde main plus un bon cadenas, il faut compter une centaine d’euros, mais le nombre de vélos aux Pays-Bas dépassant le nombre d’habitants (véridique), il est facile d’en trouver moins cher, et assez facile de les revendre à la fin de la session. Prenez néanmoins bien soin de vérifier la qualité de votre vélo, car un vélo bon marché peut vite se briser et vous forcer à en racheter un second (c’est arrivé à plusieurs étudiants que je connais). La petite reine est donc une grande reine à Tilburg et vous allez vite vous retrouver à pédaler pour aller n’importe où voir même pour sortir de la ville. J’ai notamment eu l’occasion de rallier Tilburg à Bréda, la grande ville la plus proche (environ 1h de trajet) et j’ai été étonné de voir qu’une véritable piste cyclable reliait les deux cités en ligne droite et – forcément – entièrement plate qui plus est.

Le vélo sera aussi votre moyen quotidien de vous rendre à l’université. Même si la campus est situé à côté des résidence, il est plus facile de le parcourir à vélo qu’à pieds ; de plus, il dispose d’un bon millier de bornes pour attacher son vélo. L’université en elle même est grande et bien entretenue. Les cours qui y sont donnés sont assez similaires à ceux du HEC, avec souvent un ou deux travaux d’équipe par session, un présentation orale et un examen final. Mais la méthode d’enseignement est différente ; les cours sont divisés en deux sortes soit en amphithéâtre soit en petite salles de cours. En amphi, où sont enseignées les parties « théoriques », plus de 200 élèves se retrouvent côte à côte et il est parfois plus difficile de suivre le cours ainsi. Il y manque d’ailleurs beaucoup de prises de courant et, souvent, vous serez obligés de prendre vos cours sur cahiers (comme le font la plupart des Hollandais). En petites salles sont données les parties « pratiques » où il s’agira de présenter avec son équipe ou de discuter. Si la présence aux premiers est facultative (car incontrôlable), aux seconds elle est généralement obligatoire. C’est aussi l’occasion de poser des questions aux professeurs, alors plus accessibles et de rencontrer des locaux. Le niveau de difficulté des cours est semblable voir un peu plus élevé qu’à HEC mais cela réside également dans le fait que vous disposer de moins d’outils pour vous préparer aux examens (pas d’examens antérieurs disponibles, peu d’intras et une plateforme en ligne sans beaucoup de contenu), également, l’université requiert généralement plus que 50% à un cours pour le valider (souvent, 6/10 est demandé soit 60%). Il m’est aussi arrivé d’avoir comme examen final 20 questions à choix multiples uniquement. Les professeurs comme l’administration sont beaucoup plus difficiles à joindre qu’à Montréal, moins efficaces également.

Quelques photos de l’université.

Mais si le domaine académique est important en échange, l’expérience d’une nouvelle culture et les voyages le sont également. La question se pose alors, que faire à Tilburg? Malheureusement, la ville ne regorge pas d’une architecture variée ou impressionnante, cependant, elle ne manque ni de charme, ni de choses à faire, et le centre ville dispose de tout le nécessaire pour ne pas s’ennuyer (comme dit précédemment la nightlife n’est pas en reste non plus). Le comité I*Esn organise régulièrement tout un tas d’activité et de sortie, City Trip, Oktoberfest (en automne) , Keukenhof pour aller voir les Tulipes (en hiver) mais également plein de soirées (Karaoké, Découverte de la cuisine d’une culture, Tournoi de billard, etc.). Chaque semaine vous aurez quelque chose d’organisé pour vous (et souvent de qualité). Au delà de ça, Tilburg et sa région compte beaucoup de petits coins discrets et surprenants.

Derrière l’université se trouve une petite forêt peu fréquentée qui dépayse totalement de la ville avec de grands arbres, de belles couleurs orangées en automne et de beaux paysages enneigés en hiver. Le parc d’attraction d’Efteling est situé non loin de la ville et propose un univers très différent des parcs classiques. Également, la ville est à moins d’une heure de vélo du parc National de Loonse en Drunense Duinen qui est une véritable anomalie dans le paysage Néerlandais. Ce parc national est en effet composé d’un désert de sable entouré de pins donnant l’impression d’être plusieurs centaines de kilomètres au Sud, et est selon moi un immanquable, de par son caractère si surprenant.

La forêt de l’université et le parc national.

Pour les amateurs de bières, il faut savoir qu’à 30 minutes à vélo de Tilburg, se trouve l’une des 11 Abbayes-Brasseries Trappistes au monde. L’abbaye de Koninghoeven est non seulement un très bel ouvrage architectural entouré d’un parc paisible, mais c’est également l’une des meilleures brasserie au monde. Je vous conseille de vous y rendre, ne serait-ce que pour y déguster une bouteille de Quadrupel tout en profitant du calme de l’abbaye. Les moines font également visiter la brasserie de temps en temps.

L’abbaye de Koninghoeven.

Et puis il y a le Carnaval. Comment décrire le Carnaval? Je serais même tenté de vous dire de sauter ce passage si vous souhaiter garder la surprise de cet événement incroyable qui commence doucement à s’installer début février. Au départ, ce sont de simples fanfares , émergeant de manière sporadique dans la ville et jouant des musiques traditionnelles et/ou kitchs, souvent composées de vieux Hollandais et Hollandaises. Puis elles deviennent de plus en plus présente en ville jusqu’au moment du Carnaval. Le Carnaval, c’est une tradition du Brabant (Sud des Pays-Bas et Nord de la Belgique qui dure une semaine, une semaine durant laquelle chaque ville de la région se transforme complètement. Chaque année, Tilburg devient donc « Kruikenstad » (je vous laisserai découvrir en temps et heure l’origine de ce nom) le temps de cet immense événement enflammant tout le sud – catholique – des Pays-Bas. C’est une semaine complète de fête démesurée, la ville semble s’arrêter d’un seul coup, chaque habitant faisant alors la fête, du matin jusqu’au soir, à coup de chansons et de bières, en pleine rue. Pas une personne n’est pas déguisée, des plus petits enfants aux plus anciens partisans. On reconnait  facilement ces derniers qui portent fièrement leurs nombreux pin’s (1 par Carnaval) tels des médailles de victoires. C’est un événement étonnement assez peu touristique et donc surtout pratiqué par les locaux, ce qui sera pour vous l’occasion d’une immersion en pleine culture Hollandaise.

Des photos du Carnaval de 2017.

Enfin, les Pays-Bas sont composées d’une multitude de ville et d’endroits intéressants, qui restent assez proche de Tilburg via le réseau ferré qui est lent, mais efficace. Les trains sont à l’heure et passent souvent, et il est possible de profiter de rabais de groupe ou de cartes de réductions permettant de voyager à vraiment bas prix (jusqu’à 14 euros l’aller-retour pour Amsterdam, qui est à environ 1h30 de Tilburg) ; pour cela, il ne faut pas hésiter à rejoindre les groupes facebook relatifs aux trajets souhaités afin de profiter de réductions de groupe. Aussi, des tickets valides pour une journée (appelés « Dagtickets ») sont parfois vendus, permettant de voyager dans tous les Pays-Bas pour une dizaine d’euros seulement. Ainsi, il est facile de se rendre dans les plus grandes villes, Den Hag, Rotterdam, Utrecht, Amsterdam, etc. Toutes ces villes complètent l’expérience offerte par Tilburg ; là où Tilburg est une petite ville où l’on se sent tout de suite chez soi et dont on connait rapidement les recoins, Amsterdam est une ville immense regorgeant de choses à découvrir. Utrecht est une ville historique et culturelle tandis que la calme Den Hag et la plage de Scheveningen seront parfaite pour un moment de détente en été, et de contemplation en hiver.

La plage de Scheveningen et Amsterdam de nuit.

Kinderdijk reste également un incontournable. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce sont une vingtaine de moulins à vent, certains vieux de plus de 300 ans qui se font face le long d’un canal. L’avantage d’être à Tilburg est de pouvoir profiter de période creuse, peu touristiques, où vous aurez alors tout le loisir de contempler et visiter ces géants parfois encore en fonction.

Les moulins de Kinderdijk.

 

Enfin, si Tilburg ne possède pas d’aéroport, c’est la ville d’Eindhoven qui vient ici sauver la mise. Encore une fois à moins d’une heure de train de Tilburg (rien n’est loin aux Pays-Bas), l’aéroport d’Eindhoven est un des pôles de départ les plus importants d’Europe de la flotte Ryan Air. Ryan Air, c’est une compagnie aérienne low-cost mais vraiment low-cost. Le service est réduit au minimum et tout surplus est payant (et très cher), mais avec une bonne préparation et en étant flexible sur les dates (comme partir du jeudi au lundi par exemple), c’est selon moi le meilleur moyen de faire un tour d’Europe pour presque rien. À titre d’exemple, un voyage Eindhoven-Bologne puis Pise-Eindhoven m’a coûté 30 euros tout compris, et il existe des offres encore moins cher. L’astuce est de regarder le site très régulièrement pour être ç l’affut des bonnes offres et d’être flexible sur les dates de départ. L’avantage de Ryan Air c’est aussi que l’aller et le retour ne sont pas forcément liés. Comme dans mon exemple, vous pouvez atterrir à Bologne, faire un petit tour d’Italie, et repartir de Pise sans avoir à retourner là où vous êtes déjà allés. Rajoutez à ça un peu moins de 5 euros pour faire le trajet de Tilburg à Eindhoven et vous avez votre voyage programmé pour moins de 40 euros. C’est vraiment une opportunité à ne pas manquer, la situation assez centrale des Pays-Bas permet aussi d’aller un peu partout en Europe (France, Irlande, Italie, Allemagne, Pologne, etc.) pour vraiment profiter de la multiculturalité de ce continent.

Car le principe de l’échange ce n’est pas de rester enfermé, cloitré dans son monde. C’est de s’ouvrir aux autres et au monde. C’est de rencontrer de nouvelles cultures, de nouveaux endroits, de faire connaissance avec des gens incroyables venant des quatre coins du monde. Et c’est en cela que je trouve Tilburg surprenante. Cette petite ville qui ne paie pas de mine au premier abord recèle de tous les ingrédients nécessaires pour un échange idéal. Vous allez y vivre des expériences impromptues, former une communauté internationale incroyable et, lorsqu’il vous prendra l’envie de partir découvrir de nouveaux horizons, vous y reviendrez avec le sentiment d’être chez vous.

Pour finir, quelques photos d’endroit visités durant l’échange.

Merci d’avoir partagé cette expérience avec moi !

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