Ta dernière journée au Québec…

  Le réveil Même si tu as fait exprès de ne pas te coucher trop tôt — parce que tu aurais aimé dormir longtemps et profiter de ton lit le plus possible pour la dernière fois tout en te préparant mentalement à un décalage horaire de 12 heures — tu n’arrives pas à dormir plus […]
 

Le réveil

Même si tu as fait exprès de ne pas te coucher trop tôt — parce que tu aurais aimé dormir longtemps et profiter de ton lit le plus possible pour la dernière fois tout en te préparant mentalement à un décalage horaire de 12 heures — tu n’arrives pas à dormir plus tard que 7 h 30 du matin. Alors tu te lèves, et c’est certainement la fois où te réveiller a été le plus facile de l’été — tu es excité et mélancolique à la fois. Tu sais qu’une série de « dernières fois » s’amorce.

Aussi, tu te demandes ce que tu pourrais bien écrire dans ton blogue, et comment tu pourrais rendre ça « trippant » pour tes lecteurs… Tu as une idée, un peu bizarre, qui te vient d’un roman « pété » de Patrick Sénécal. « Contre Dieu» ça s’appelle. Tout au long du livre, ça parle au « tu » et il n’y a aucun point. Un point comme ça : .  , il n’y en a pas. Tu te dis que tu aimes bien l’idée de parler à la deuxième personne, mais que des phrases régulières seraient de mise. Tu décides de faire cela, en espérant que tes lecteurs aimeront le style. En même temps, ça rend le tout plus personnel…

Tu te lèves de ton lit douillet, donc, et tu sais que c’est la dernière fois que ça arrive, du moins pour les cinq prochains mois. Tout ce que tu fais, tu en profites au maximum. Ton petit expresso dans la machine que tu as achetée à ton père pour la fête des Pères — mais que tu utilises bien plus que lui depuis ce temps — n’a jamais été aussi délicieux. Ensuite, tu déjeunes, mais tu as tellement de papillons dans l’estomac que tu n’as plus faim. Ton dernier déjeuner à la maison.

Puis, tu te dis que ce serait bien de vérifier tes valises pour la millième fois, d’un coup qu’il manquerait quelque chose d’essentiel. Évidemment, tout est là. De toute manière, à Singapour, tu vas pouvoir acheter ce qu’il te manque.

Le dîner

Tu n’as pas vraiment faim encore, et puis tu sais que tu devras souper tôt pour être à l’aéroport à l’avance. Tu as plutôt envie de passer du temps sur Facebook et au téléphone avec tes amis pour leur faire savoir que tu les apprécies et que tu vas leur donner des nouvelles, entre autres via ce blogue que tu aimerais ne pas écrire pour que personne ne le lise. C’est bien, c’est un exutoire et tout, mais s’il y avait deux ou trois lecteurs se seraient encore mieux! Tes amis te souhaitent un bon voyage et te disent qu’ils t’envient. Tu es chanceux, personne ne t’a fait la blague « passe un Beauséjour là-bas ». Ça aurait été quétaine pas mal…

Plus le temps file, plus on dirait que le monde rétrécit, tu sais que tu as de moins en moins de temps pour profiter de tout ce qui t’entoure. Tranquillement, tu fais tes adieux. Alors tu t’assieds avec ta mère, puis ton père, et tu essaies de profiter de ta journée le plus possible, comme si rien de spécial n’allait arriver. Tu t’amuses même avec ton oiseau qui normalement t’énerve parce que ses cris incessants t’empêchent de lire/étudier/parler/vivre/exister. Il va te manquer un peu quand même. Tu sais que tu n’auras pas le temps de t’ennuyer, mais tu sais aussi que tu laisses toute ta vie derrière pour ces cinq mois. Ça va être merveilleux, tu en es certain, mais tu réalises ce que tu laisses derrière, et tu aimerais bien que tout soit en ordre et comme tu l’as laissé lorsque tu es parti. C’est ça, selon toi, la partie stressante.

Et là, tu cherches vraiment quoi faire. Tu tournes en rond : Facebook, iTunes pour télécharger des films pour ton 30 heures de voyagement, tes valises (encore), Facebook, tes courriels. Tu fais même un petit ménage vite fait de ta chambre et de ton salon pour que tout soit beau et accueillant quand tu reviendras.

Quand ton père te demande si tu veux aller avec lui faire des petites courses, tu sautes sur l’occasion. Tu te retrouves dans le Vieux-Terrebonne, un super beau petit coin qui te rappelle plein de souvenirs. Tu vas prendre une bonne bière avec ton père sur une terrasse. C’est ta dernière bière en tête à tête avec ton père. Et puis « La Chouffe », elle est bien bonne. Tu en profites.

Tu reviens chez toi et tu passes le temps comme tu peux : ton vol n’est qu’à 23 h 15. Tu décides de commencer à rédiger ce billet parce que tu as plein d’idées. Finalement tu parles à tes grands-parents pour leur dire au revoir au téléphone. C’est émouvant, elle t’aime ta Nounou, et toi aussi. Même chose pour Papy. Ils n’en reviennent pas que tu partes si longtemps, et, dans un sens, toi non plus.

Le souper

Tic tac, le temps avance de plus en plus rapidement. Tu as fait une réservation dans un bon resto, «Chez Fabien» de Terrebonne, pour célébrer ton départ et la fête de ta mère en même temps, que tu vas manquer parce que tu pars la veille. Tu lui as aussi écrit une belle carte… elle pleurera sûrement en la voyant, et toi non, parce que tu gardes ça en dedans… t’es un homme après tout.

Quand tu t’apprêtes à partir pour le resto, tu embrasses ton perroquet pour la dernière fois et tu montes dans l’automobile. En route, tu regardes ta maison et tu fais tes adieux en silence.

Le souper est super, tu as bien choisi ton resto. Pas étonnant qu’ils soient #1 sur TripAdvisor. Les discussions sont plaisantes et le cœur est à la fête. Très rapidement, le souper s’éternise et tu dois partir! En route vers l’aéroport, tu téléphones à quelques amis et tu utilises toutes les capacités de ton iPhone pour dire au revoir à ta vie au Québec. Elle sera sur pause pour cinq mois et il faut bien faire les choses en s’en allant…

L’aéroport

Tu arrives à l’aéroport et tu vois avec surprise que tes grands-parents sont venus te dire au revoir. Tu es seulement mi-surpris, mais agréablement surpris, car tu avais un peu l’impression qu’ils viendraient. Ils ont toujours été là à ton départ pour tous tes voyages. Tu embrasses tout le monde, puis tu passes la sécurité. Ensuite, tu es seul, mais tu te sens libre et tellement heureux. Tu t’en vas vivre une expérience incroyable et tu as très hâte. Tu espères que tes proches ne seront pas trop inquiets jusqu’à ce que tu leur redonnes des nouvelles une fois à Doha, lors de ton escale.

Finalement, tu attends de prendre l’avion et tu termines ton billet. Ta dernière journée au Québec s’achève et c’est le début d’une expérience incroyable. Tu as tellement hâte.

Tu te dis que tu as assez travaillé sur ton blogue pour la soirée et que tu devrais te reposer. Tu te dis aussi que tes lecteurs comprendront. De toute manière, ils veulent des histoires de voyages, pas des histoires d’aéroport!

Sur ce, lecteurs, bonne soirée, ou journée, je ne sais plus vraiment! Pour vous donner une idée, au moment de mettre en ligne ce blogue, je suis à l’aéroport international de Doha, au Qatar. Je n’ai pas dormi depuis environ 28 heures, il est 22 h 37 ici à Doha, il est 15 h 37 à Montréal et il est 3 h 37 (une journée plus tard) à Singapour.

À la prochaine,

Sincèrement,

Jasmyn Beausejour

4 commentaires

  1. Toujours très difficile de quitter, mais qui dit quitter dit aussi arriver quelque part, bonne chance

  2. Sylvie

    «Tu es chanceux, personne ne t’a fait la blague « passe un Beauséjour là-bas ». Ça aurait été quétaine pas mal…»
    ahaha j’y ai même pas pensé!

    merci pour le post.

  3. Alexandre Buissières

    C’est déjà un plaisir de te suivre 😉

  4. Johanne Crevier

    Ça me rappelle tellement quand je partais seule pour l’Arabie,…tu es en feu, ça promet pour le reste!
    Johanne xx

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