Paris : Sciences Po

Bonjour à tous! Cela fait maintenant plus d’un mois que je suis à Paris dans le cadre d’un échange à Sciences Po. Maintenant la folie de la rentrée passée, soit mon aménagement, les intégrations et les premières semaines de cours, je démarre ce blog avec comme objectif de vous faire part de mon expérience aussi […]

Bonjour à tous!

Cela fait maintenant plus d’un mois que je suis à Paris dans le cadre d’un échange à Sciences Po. Maintenant la folie de la rentrée passée, soit mon aménagement, les intégrations et les premières semaines de cours, je démarre ce blog avec comme objectif de vous faire part de mon expérience aussi souvent que possible. Pardonnez-moi d’avance pour les délais, le temps est l’élément qui me manque et me manquera sans doute le plus jusqu’en décembre!

Ce premier billet portera sur Sciences Po. La vie à Paris, les voyages et autres seront assurément abordés dans d’éventuels billets. J’aborderai tout d’abord le volet académique (i.e., les cours); si ceci ne vous intéresse pas, allez directement au prochain titre!

 

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Volet académique

Sciences Po n’est ni une université ni une grande école; officiellement, c’est un grand établissement. Pourquoi une telle ambigüité? Aucune idée. De toute manière, tous les Français en connaissent l’existence, et pour cause : par exemple, cinq des sept derniers présidents français (incluant François Hollande) en sont gradués, en plus de Nicolas Sarkozy, renvoyé de Sciences Po.

Sciences Po se spécialise dans les sciences humaines, mais a récemment—en 2009 si j’ai bien compris—créé un département d’économie, offrant quelques masters, dont un en Finance et Stratégie. C’est précisément au sein de ce master que j’ai la chance d’étudier. Si vous avez bien suivi, vous aurez compris que je fais des études de deuxième cycle; comment est-ce possible, moi, si jeune étudiant de deuxième année au baccalauréat? L’accord d’échange est structuré ainsi : alors qu’un étudiant « normal » au sein du Master Finance et Stratégie suit pour 35 crédits de cours, les étudiants provenant du baccalauréat de HEC Montréal se doivent de suivre « que » 15 crédits; de mes discussions avec d’autres étudiants en échange au sein du département d’économie, cette structure semble être la norme. Voici donc mon horaire :

Horaire Sciences Po

« Putain, tu n’as que huit heures de cours, c’est trop la joie, ça va être facile! » ce à quoi je réponds « I wish. » Lors d’une rencontre avec tous les étudiants en échange au sein du département d’économie au tout début de la session, le directeur du département, adoptant une voix grave, nous prévenait que Sciences Po « n’était pas un lieu de tourisme académique, contrairement à plusieurs autres institutions européennes »; il en semblait très fier, et je doutais franchement que 15 crédits (au lieu de 35) puissent être autre chose qu’une blague.

Quatre semaines de cours plus tard, je dois reconnaître qu’il avait raison. Les cours (et ceux les donnant!) sont très intéressants; cependant, la charge totale me semble être aussi exigeante qu’une session à HEC Montréal, même avec seulement quatre cours. Je dois vous avouer avoir un énorme respect pour les étudiants inscrits au Master à « temps plein » (35 crédits)… disons qu’ils ne semblent pas faire autre chose qu’étudier. Voyons le tout cours par cours :

  • International Human Resource Management : sans surprise, crédité pour GRH. Le cours est donné par une Managing Director de Accenture. Son parcours inclut un MBA de Wharton (!), une licence (l’équivalent d’un baccalauréat en Amérique) de l’ESSEC et une première carrière en Investment Banking. En ce qui a trait au cours, ça reste un cours de RH, ce qui est loin d’être ma tasse de thé… L’approche est intéressante puisque surtout basée sur des cas. Mon baccalauréat inclut obligatoirement un cours de GRH, donc je suis bien heureux de le valider ici.
  • Stratégie de transformation des entreprises : crédité pour Management stratégique des organisations. C’est assurément mon cours favori, bien qu’il soit très intense. Le cours est donné par deux professionnels : un consultant de carrière chez Capgemini (une boîte apparemment bien établie en Europe, top 15 mondial) et un ex-consultant ayant fait le saut dans l’industrie. L’enseignement à deux est complètement nouveau pour moi, et franchement intéressant. Cela permet au cours de rouler à vitesse grand V, les deux professeurs se relayant sans cesse. Au niveau du contenu, le cours débute par un cas, suivi par de la théorie s’y rattachant (e.g., adaptation aux nouvelles technologies, fusion & acquisition, transformation digitale).
  • Management Tools : crédité pour Comptabilité de management. Celui-ci est décevant; paradoxalement, le cours est dispensé par un professeur de carrière. La description suggérait un cours portant purement sur la comptabilité de management, mais c’est loin d’être le cas, avec la moitié des séances portant sur la comptabilité financière. Je me retrouve donc avec un fourre-tout des concepts de base de comptabilité; le première séance portait sur les notions de débit et crédit… La bonne nouvelle est que ça s’annonce assez bonbon.
  • Initiation à l’entrepreneuriat : (vous avez compris pour quel cours il est crédité). J’ai beaucoup hésité à prendre ce cours puisqu’il est « magistral, » c’est-à-dire donné devant un auditoire d’environ 70 étudiants (N.B. il n’y a pas plus de 30 étudiants dans tous mes autres cours); aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Le cours est donné par un véritable entrepreneur, détenant un MBA de Harvard, qui a su introduire son entreprise en bourse (IPO). Le cours porte sur ce qu’est concrètement être entrepreneur (e.g., s’associer, oui ou non?). Des entrepreneurs sont invités à chaque semaine pour nous faire part de leur expérience. Bref, en seulement quelques séances, ma perception de l’entrepreneuriat a complètement changé.

À part les cours…

Eh bien, c’est Sciences Po. Les étudiants y sont sincèrement brillants, quoique quelque peu prétentieux. Ils semblent tous exceller à parler pour rien dire, ce qui est parfait puisque j’y suis aussi pas pire du tout! L’environnement en classe me semble très compétitif. La majorité des classes implique des exposés suivis de discussions ouvertes : par moment j’ai vraiment l’impression d’être dans un concours où le premier qui réussit à « boucher » l’autre gagne (ce qui est assez divertissant).

L’élitisme français y est évident, même si Sciences Po se targue d’avoir un quart d’étudiants boursiers, de prôner l’égalité des chances, etc. Je n’ai pas de statistiques, mais les minorités visibles me semblent quasi-inexistantes au sein de la population étudiante, surtout comparé à la population parisienne. On assiste chaque jour à un défilé de mode à l’intérieur des murs de l’école; je crois que certain(E)s souhaitent se faire voir plus que d’autres, et y réussissent brillamment. Bref, l’affectueux surnom « monarchie française », répandu chez les étudiants en échange, est parfaitement approprié pour décrire le milieu. Certains étudiants en échange sont déçus du milieu, d’autres l’adorent; personnellement, je tends vers la deuxième option.

Évidemment, il n’y a pas que du people. Sciences Po demeure en soit très intellectuelle. Une panoplie d’évènements est continuellement organisée, invitant ministres français et haut-placés au sein de diverses entreprises. Les associations étudiantes à « mission intellectuelle » se comptent par dizaines. L’échiquier politique entier est présent, bien que les groupes de gauche semblent prendre plus de place; si vous pensez qu’il y a trop de manifestations et grèves au Québec, j’ai des mauvaises nouvelles pour vous…

L’intégration des étudiants en échange

L’intégration des étudiants en échange est quelque peu ardue. Bien sûr, personne n’échappe à la fameuse paperasse française pré-départ… De plus, les choix de cours sont source d’innombrables plaintes au sein du groupe Facebook des étudiants en échange. C’est honnêtement un peu exagéré; il ne suffit « que » d’être connecté à l’ouverture des inscriptions. Ceci étant dit, Sciences Po pourrait moderniser son système d’inscriptions aux cours, en s’offrant par exemple un système Add/Drop comme c’est le cas dans la très grande majorité des universités.

Sciences Po organise avant chaque session un « Welcome Programme [sic] » destiné aux étudiants étrangers et en échange. Celui-ci, se déroulant sur une dizaine de jours, a pour buts de préparer les étudiants à la méthodologie française (…) et—évidemment—de rencontrer les autres étudiants à travers diverses activités organisées partout à Paris. Le programme est optionnel puisqu’il coûte 500 euros. Le hic? Il est seulement accessible aux étudiants de premier cycle. Fort heureusement, l’association des étudiants de Sciences Po organise parallèlement une activité au titre assez révélateur : A bar a day. J’ai eu la chance de rencontrer des étudiants participant au Welcome Programme lors de celles-ci, puis de me greffer à eux pour les activités restantes du dit programme… donc en gros, j’ai tout fait sauf les cours de méthodologie (…) :).

 

 

Voilà pour mon premier billet (assez long je sais…). Prochain thème abordé : la vie à Paris!

 

Simon Cousineau

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