Le vol…

J’aimerais d’abord m’excuser, chers lecteurs pour le délai entre le dernier billet et celui-ci. L’installation ici et le manque d’Internet m’a empêché de produire mes textes à la vitesse désirée. Le prochain billet est déjà en pleine rédaction. Merci de votre compréhension. Voici l’histoire d’un voyageur qui fait 30 heures d’avion + escale. Détrompez-vous, ce […]

J’aimerais d’abord m’excuser, chers lecteurs pour le délai entre le dernier billet et celui-ci. L’installation ici et le manque d’Internet m’a empêché de produire mes textes à la vitesse désirée. Le prochain billet est déjà en pleine rédaction. Merci de votre compréhension.

Voici l’histoire d’un voyageur qui fait 30 heures d’avion + escale. Détrompez-vous, ce n’est pas plate à lire… en tout cas, ce n’était pas plate à écrire. Bonne lecture!

The world’s best airline… really?

Alors te voilà enfin dans les airs, avec Qatar Airways, « The world’s five star airline ». Tu prends place dans ton siège et tu es un peu déçu, loin d’être moelleux, il te donne déjà mal au dos et tu n’es pas décollé. Mais tu vas t’habituer, tu te dis. En mettant un oreiller sous toi, ce n’est pas si mal. Les trois gamins qui pleurent à chaudes larmes sont un peu plus dérangeants que le confort des sièges. Par chance, ils finissent par s’endormir. Toi, tu ne dors pas. L’énervement et le manque de confort t’en empêchent. Tu lis un peu « Freefall », de Stiglitz, un Nobel d’économie. C’est super intéressant, mais ça devient vite trop poussé pour l’état mi-fatigue mi-éveil dans lequel tu te trouves. Tu écoutes ensuite un film à l’américaine, le genre gros bras, gros « gun », petit cerveau et histoire prévisible. « Lockout » qu’ils ont appelé cela. C’est bien, c’est comme un massage pour ton cerveau, ça le ramollit un peu. Il est trois heures et demie du matin et tu décides qu’il est l’heure de commencer à composer un très court billet à propos de ton vol.

C’est long douze heures de vol de Montréal à Doha. C’est drôle, d’un coup, il se met à faire soleil à l’extérieur, tu as rattrapé la lumière. C’est sûrement pour ça que les membres d’équipage t’ont servi un souper vers une heure du matin… Très bon, en passant, le petit poulet. Pour ça, tu n’as rien à redire. Le service est courtois, la bouffe est bonne et tes voisins de siège ne sont pas dérangeants : une fille qui s’en va faire du bénévolat à Katmandou et une autre qui s’en va retrouver sa famille au Pakistan parce que son père est mort. Quand tu apprends ça, tu ne sais pas trop quoi dire, tu lui offres tes sympathies et tu te fais petit. Tu te dis aussi qu’un siège un peu dur et des enfants qui chialent, il y a pire dans la vie. Tu as hâte d’arriver à Doha, parce que là tu as vraiment mal au dos. Tu décides d’écouter un autre film. « 21 jump street ». C’est niaiseux à en mourir, mais il y a des bouts où tu dois étouffer ton rire pour ne pas réveiller ceux qui dorment. Il est 5 h après tout… Les Américains, quand ils veulent, ils peuvent se montrer impressionnants en termes de génie créateur de bêtises.

À un moment, il reste environ une heure de vol et tu commences à rêver de sortir de cet avion. En même temps, tu sais qu’une longue escale de 13 heures t’attend. Tu ne sais pas trop comment tu vas passer le temps — si tu devrais dormir ou pas… Si tu seras capable de dormir ou pas. Tu verras bien.

Doha, tout le monde descend

Finalement, tu arrives à Doha. Tes bagages sont étiquetés en bleu comme si Doha était ta destination finale. Et il fait chaud, c’est incroyable. Quand tu descends de l’aéronef, tu te dis que c’est la chaleur des moteurs. Quand tu descends de l’autobus qui t’a amené à ton terminal, tu te rends compte que non. C’est chaud, puis c’est très humide. À l’extérieur, l’eau dégoute sur les fenêtres tellement l’air est gorgé d’eau.

Tu dois expliquer à au moins dix personnes pourquoi tes bagages sont étiquetés bleus et pas jaunes. Ton escale dure 13 heures, tant pis pour toi, si tu veux un hôtel, tu payes, si tu veux un « lounge » tu payes, tu reçois un « meal voucher », mais personne ne t’explique comment t’en servir. Les gens dans la file te dépassent et, évidemment, tu ne comprends strictement rien de ce qu’ils disent. Un choc culturel quoi. Une chose est certaine, tu ne comprends plus vraiment pourquoi tout le monde « trippe » sur Qatar Airways. Au final, les bancs étaient très inconfortables, l’accueil à l’aéroport n’est pas cordial. Même le réseau Wi-Fi refuse de fonctionner correctement. Et puis, c’est quoi cette idée de mettre de l’eau bouillante pour « flusher » les urinoirs? Bizarre… Tu décides finalement de te payer le Oryx Lounge, un genre de « lounge privé » pour les gens de première classe, mais que tu peux t’offrir pour six heures à 40 $USD. Tu n’as rien à perdre de toute manière.

Oryx Lounge

C’est pas mal beau là-dedans. Les lumières sont tamisées, les fauteuils sont en cuir. Il y a même de la bouffe et du café. Tu as aussi droit à un casier barré pour ranger tes trucs. Il y a des « lits », mais ça sera très long avant que tu puisses en avoir un. Tu parles avec tes proches par Skype et tu mets un billet en ligne parce que, magiquement, le réseau Wi-Fi marche bien dans le   « lounge ». Tu décides alors de te gâter avec un expresso. Rien de comparable à celui qui sort de la machine que tu as achetée à ton père pour la fête des Pères — mais que tu utilises plus que lui depuis ce temps. Mais c’est bon quand même, ça réchauffe, ça fait du bien. D’ailleurs, tu trouves que l’air climatisé est beaucoup trop fort. Il fait chaud dehors, mais il y a bien des limites!

Tu avais payé pour six heures. Tu étais sensé sortir à deux heures et demie du matin du Oryx. Il est deux heures quarante-cinq au moment d’écrire ces lignes. Tu te trouves drôle, ça t’amuse de voir de combien de temps tu pourras repousser ta sortie — monsieur le touriste de la classe économique, sortez. Haha. Il faut bien que tu sois fatigué pour trouver ça amusant. Comme ils disent, on fait avec ce qu’on a, hein? En passant, quand on dit « ils disent que », de qui parle-t-on exactement? Tu ne sais pas, mais en tout cas « ils » en connaissent des affaires…

À un moment donné, il est trois heures du matin, et là tu as hâte de reprendre l’avion. Ce sera moins confortable que le Oryx Lounge, mais au moins tu seras en mouvement. Après avoir parcouru quelque 11 000 km lors de ton premier vol, c’est dur de rester assis à attendre qu’un engin volant veuille bien t’embarquer…

En route vers Singapour

Enfin, ton escale est finie. Malheureusement, tu avais espéré un avion plus confortable, mais tu as exactement la même chose. Au moins, cette fois tu découvres où est la prise de courant. Avec délectation, tu lis sur les petits écrans « Time to SIN : 6 h 23 ». Tu pensais que le vol durait près de huit heures. Ce sera un peu moins dur sur les fesses finalement (finalement le vol durera quand même 7 h 30). Tu espères qu’il y aura bientôt un repas de servi parce que tu as faim. Disons que ton horaire de repas est mal foutu. Si tu as dormi une heure ou deux sur les 36 dernières heures, c’est bien… Ce sont les joies du voyage, et ça fait partie de l’expérience. Si cela se trouve, tout cela t’aidera à t’adapter au décalage.

Tu n’arrives pas à en revenir de la chaleur au Qatar. Sachant que tu n’auras pas la climatisation dans ta chambre à la Graduate Residence, tu espères que ce sera moins chaud là-bas.

Tu commences à en avoir assez d’être seul. L’humain est véritablement une bête sociale, tu te dis. En tout cas, le voyagement tire à sa fin et tu vas bientôt pouvoir découvrir Singapour et écrire à son sujet.

Au moins, la fatigue accumulée te permet de trouver le confort qu’il faut pour que tu dormes. Avec un comprimé de mélatonine, tu somnoles pendant une bonne partie du vol. Tu espères être en mesure de dormir cette nuit à Singapour. Après 17 000 km de vol, la vraie aventure commencera dans une heure à peine.

L’immigration, les douanes et tout le tralala…

Tu débarques de l’avion et tu es tout de suite séduit par l’aéroport. C’est immense et c’est propre. Très propre. Le hall où sont les agents de l’immigration est grandiose. Le plancher est « shiné » pas à peu près. On dirait qu’ils l’ont ciré pour toi. Bien quoi? On peut toujours rêver…  Dans l’avion, tu avais reçu à remplir un document nommé «Embarkation/Desembarkation» card. Tu sais que ce document est important: il te le faudra pour aller chercher ta Student’s Pass un peu plus tard dans ton séjour. À l’immigration, le monsieur est courtois et s’intéresse même à tes études. « You are staying for 147 days? » qu’il te demande en voyant ta déclaration. Tu lui dis que tu viens étudier ici et il sourit. Il est fier de son pays, lui, et ça parait. Ça te fait réfléchir, on n’a pas ça nous, cette fierté nationale.

Tu avais l’intention d’écrire un courriel en attendant tes valises. Pas le temps. Environ deux minutes et tu avais tout récupéré. Tu te dis que les douanes seront sûrement ardues. Haha, pas du tout. Tu mets tes deux valises et ton sac à dos dans une machine et, 30 secondes après, tout est terminé.

Entre le moment où tu es descendu de l’avion et le moment où tu t’es assis dans le taxi (et il y avait au moins quarante personnes avant toi dans la « taxi queue »), il s’est écoulé un maximum de 15-20 minutes. Tu aimes déjà ton pays d’accueil, Montréal-Trudeau (ou YUL, pour les intimes) a de quoi être jaloux.

C’est le moment parfait pour terminer ce billet, je vous garde mes premières impressions de la ville pour une prochaine publication.

À la prochaine, chers lecteurs,

Sincèrement,

Jasmyn Beausejour

 

4 commentaires

  1. Jasmyn Beausejour

    Mieux vaut tard que jamais ! Merci pour ta lecture et pour les compliments. Ça fait très plaisir!

  2. Marielle chartrand

    Je sais que je suis en retard mais je suis rendue ici dans ma lecture. C’st une super ecture de chevet à chaque soir. Tu écris très bien! J,ai déjà hâte à demain soir pour lire la suite 🙂

  3. Lucie & Jocelyn

    Très intéressant…on a hâte de lire la suite!

  4. benoit lortie

    super interessant Jasmyn, lâche pas, sois prudent et c’est incroyable, tu es parti pour 147 jours…..Fais attention à toi et profite au max de l’expérience extraordinaire…….
    Ben !

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