L’autre côté de la Terre, Maxime Bertrand

Note de l’auteur : Bienvenue sur le premier texte de mon blogue! Je publierai ici sur experience.hec.ca l’intégralité des textes et probablement une petite partie des photos que j’aurai préalablement publiés sur Dōitashimashite, mon blogue d’échange. Je le fais ainsi pour participer aux archives des étudiants d’échange, et en même temps préserver l’expérience plus personnelle que […]

Note de l’auteur : Bienvenue sur le premier texte de mon blogue! Je publierai ici sur experience.hec.ca l’intégralité des textes et probablement une petite partie des photos que j’aurai préalablement publiés sur Dōitashimashite, mon blogue d’échange. Je le fais ainsi pour participer aux archives des étudiants d’échange, et en même temps préserver l’expérience plus personnelle que j’offre aux lecteurs de どういたしまして. Si vous la lecture suivante vous amuse, je vous invite à me suivre pour la suite!

L’estomac tel un porc-épic, moitié vide, moitié martyrisé. Un souper de poisson douteux à la chinoise, pris à 34 000 pieds d’altitude, accompagné d’une bière et d’un verre de vin, de comprimés japonais datant de plusieurs années – voués à le faire dormir. Puis, déjeuner de poisson à nouveau. Et bière encore. Puis souper de poisson et de riz, de soupes et de miniatures légumes bouillis.

Lenteur, calme, bruits, étrangetés. La journée était un pas dans l’inconnu, dans l’inimaginable, le surprenant, l’accablement.

Du sport à l’appréciation de l’environnement et des moindres détails à l’avarice émotionnelle et l’égotrip causant la frustration morale et la folie de colère face à l’environnement et ses acteurs.

Tokyo n’était pas mon premier choix lorsqu’est venu le temps de mettre en ordre les endroits où l’on désirait passer notre échange étudiants. Nous avions dix cases où l’on devait y placer les destinations qu’y nous paraissaient les plus alléchante et les plus intéressantes pour y vivre pendant au minimum quatre mois. J’avais mis Tokyo après celles que je voyais alléchantes, parce que je voyais l’endroit comme intéressante, mais majoritairement parce que j’y entrevoyais le défi que cela représenterait de s’y installer et de s’y sentir confortable. À mes yeux, c’était invariablement un challenge de taille et le fameux choc culturel ne pouvait être autre que grandiose. Cette idée était synonyme de croissance et de découvertes, de frustrations et d’adaptation, et les premiers jours de mon arrivée devinrent une confirmation drastique de cette vision.

Je devais me trouver des repères, et les premiers devaient être géographiques. À travers 36 millions de personnes, et une population des moins hétérogènes que l’on peut trouver dans les métropoles du monde, Tokyo se dévoilaient être un endroit ou le calme était, d’une manière troublante, accessible facilement. Mon premier arrêt fût la résidence, un bâtiment tout neuf de cinq étages, le plus haut du quartier, et pourtant, situé à seulement 15 minutes (12 si l’on était rapide – ou en retard) du campus principale de l’université de Rikkyo. On m’acceuilla dans une langue qui m’était étrangère, et on me montra ma chambre. Une pièce ressemblante – les mots de mon père – à une roulotte ou la cabine d’un bateau. Un lit simple, un meuble de télévision sans télévision, un bureau, une chaise à roulette, un classeur, un réfrigérateur, une machine à laver les vêtements, un placard, pas mal de rangement, une pièce fermée où se trouvait une toilette, une autre pièce fermée où se trouvait une douche et qui faisait office de machine à sècher les vêtements – grâce à un système de ventilation versatile. J’y trouvait également un lavabo et un mirroir, où la première chose que je fit fut de me brosser les dents. Partout dans l’appartement il y avait des boutons, air climatisé, bidet ou lave-cul sur la toilette, sonnette vidéo, système d’eau chaude au propane; j’avais là un avant-goût de la technologie japonaise – réelement implantée dans la vie quotidienne.

C’est Sander qui m’aida à me rendre à l’épicerie, pour y faire quelques courses de base, comme acheté de l’eau. Il savait qu’après un moment je pourrais boire celle du robinet, mais que pour l’instant valait mieux m’en tenir à de l’eau embouteillée. Il était arrivé quelque temps avant moi – c’était un étudiant du Royaume des Pays-Bas. Après mes premiers repas dans la salle commune, préparés par nos hôtes, j’avais encore de la difficulté à combattre le décalage horaire et la différence dans l’alimentation. Nos hôtes étaient en fait les gardiens de l’immeuble, qui faisait aussi office de cuisiniers – ou plutôt l’inverse. Chaque matin, et chaque soir, ils nous préparaient un repas différent, qui avait très rarement de similitude avec ce que l’on connaît de la cuisine japonaise ou même asiatique à Montréal. Dans les restaurants, c’était plutôt différent, on trouvait là tout les trésors que l’on trouve à Montréal, et je réalisais, avec le temps, à quel point le monde de la restauration à Montréal est complet en ce qui a trait aux coutumes internationales. Mais au dorm, c’était toujours spécial. En général, on prenait un cabaret (plateau), et on recevait le main course par Monsieur Kobayashi ou sa femme, qui avec le temps, avaient pris l’allure de parents adoptifs pour la plupart d’entre-nous. Ensuite, on se remplissait un bol de riz, un bol de soupe, un verre d’eau, des baguettes, quelques assaisonnements et on allait gentiment s’assoir ensemble pour discuter avec pour fond sonore et visuel, la télévision japonaise qui de jour en jours nous apprenait à quel point nous n’étions pas dans le même monde que chez nous.

Les premières journées, avant de commencer les cours, il avait fallu passer à travers une panoplie de paperasse et de démarches administratives pour mettre nos affaires en ordre. Le Japon, c’était comme dans les 12 Travaux d’Astérix – formulaire après formulaire, étage après étage, numéro d’attente après numéro d’attente, tentative d’explication avec des gens qui ne parlent ni anglais, ni français, et finalement, sentiment de victoire et de succès immense lorsqu’on arrivait à obtenir ce que l’on avait besoin. On suivit également des cours de sécurité en cas de tremblements de terre et d’incendie, parce que si on l’avait oublié à notre arrivé, et bien on avait rapidement le moyen de se rappeller que l’on se trouvait sur une faille tectonique qui nous plaçait dans une position plutôt précaire face à la nature – j’y reviendrai plus tard.

Allez à Rikkyo, c’était un peu comme s’exiler dans un paradis. Le campus était splendide – et le mot est faible. Au début, c’était bien sûr un contraste entre la fin de l’hiver québécois, mais ce que l’on remarquait le plus, c’était le changement et la métamorphose de l’allure du campus au fur et à mesure que le temps filait, et que l’été s’installait. Le campus était richement aménagé de plantes de toutes sorte. Par exemple, lors de mes premiers jours, je déambulait entre des arbres en fleurs, sur un gazon encore jaune, et des plantes qui faisaient jaillir leur premières pousses, toute verte, d’un vert clair et joyeux. À travers la jungle urbaine d’Ikebukuro – la deuxième station la plus achalandé du monde, nous profitions d’hectares de verdure et de magnifique batiments de brique rouge. Entretenu à la perfection, et entrecoupés de nouveaux immeubles derniers-cri, mais respectant l’esthétique de l’ensemble, le campus et ses attributs respiraient la paix et la sécurité. S’y déplacer, avant le début des classes, nous donnait une impression de profiter d’une chance inouïe et de n’avoir peu de chance de la partager.

Cependant, avec le temps, le campus retrouva l’achalandage et la vie sociale à laquelle il se vouait. En se déplacant d’un pavillon à l’autre, on croisait des centaines de jeunes étudiants. En majorité japonnais, ils étaient tous vêtus à la dernière mode et se rassemblait en groupe pour discuter et rire à gorge ouverte. Lorsqu’un westerner s’y promenait, il attirait les regards et provoquait les échanges et les confessions. Les gens nous leurrait et se délectait de notre présence. C’était l’arrivée des étudiants en échange.

La première fois que j’ai rencontré les autres étudiants en échange, c’était dans à la résidence, dans notre couloir, où nous avons passé des heures à parler et à boire. Assis sur le tapis, le dos sur les cloisons entre nos chambres dans cet air commune qui devenait notre salon, nous avons fait connaissance et avons pu réaliser la diversité culturel que nous représentions. De tous les continents, nous formions un groupe hétérogène dont le point majeur que nous avions en commun était celui de devoir, chaque jour, faire face à une culture assez homogène et ayant une histoire si particulière que même en en connaissant une part – à travers de longues lectures et études – arrivait à nous surprendre à chaque coin de rue. Par la suite, nous prenions nos repas ensemble, à l’occasion et hasardeusement, et nous organisions ensemble quelques soirée ou après-midi d’aventure dans Tokyo. Rapidement, nous allions rencontrer les gens des autres résidences, Asakadai et Shiki, nous, c’était Shiinamachi. Lors de repas organisés par l’école, et ensuite grâce aux cours que nous allions prendre ensemble. C’était le début d’une aventure, et rien n’avait pu être réellement prédit – je ne vivais qu’un nombre incalculabe de surprises.

Prochain texte : Osaka, et Kyoto Express

 

Rikkyo University lors de la foire des « circles », les groupes d’intérêts.
Rikkyo University lors de la foire des « circles », les groupes d’intérêts.

 

 

Ma première sortie avec les autres étudiants du College of Business – nous sommes allés visiter le Edo-Tokyo Museum, entre autres. C’était aussi un occasion pour essayer un restaurant et interagir avec les japonais responsable de l’activité et de Cobby, le programme de jumelage des étudiants du College of Business.
Ma première sortie avec les autres étudiants du College of Business – nous sommes allés visiter le Edo-Tokyo Museum, entre autres. C’était aussi un occasion pour essayer un restaurant et interagir avec les japonais responsable de l’activité et de Cobby, le programme de jumelage des étudiants du College of Business.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Destinations

  • Sélectionner un mois

  • Étiquettes