L’Argentine et ses PPE…

Ça fait maintenant 1 mois que je suis revenue. Ouf, que c’est difficile ! Je vous publie ici un article que j’avais écrit il y a un moment, et le prochain article, un recap sur mon échange, sera le dernier. Bon, après tout, j’étudie dans une école de commerce, donc ce serait la moindre des choses […]

Ça fait maintenant 1 mois que je suis revenue. Ouf, que c’est difficile ! Je vous publie ici un article que j’avais écrit il y a un moment, et le prochain article, un recap sur mon échange, sera le dernier.

Bon, après tout, j’étudie dans une école de commerce, donc ce serait la moindre des choses que je vous dresse un rapide portrait de la situation et des particularités économiques argentines.

1. Vous le réaliserez assez rapidement, mais ici, la monnaie est une denrée rare. Ces petites pièces dont vous cherchez toujours à vous débarrassez à Montréal, ici, vous les garderez avec la plus grande cupidité. En effet, personne me vous fera du change ou ne cherchera à vous rendre la monnaie exacte, et le jour où vous aurez oublié de recharger votre tarjeta Sube (la carte Opus argentine), vous serez bien content d’avoir les poches pleines de pièces pour pouvoir prendre votre colectivo.

2. Le gouvernement falsifie ces chiffres d’inflation. Et tout le monde le sait. J’ai taché de comprendre le pourquoi du comment en demandant à deux de mes professeurs, et parmi des réponses plus que vagues mais teintées de contestation (Buenos Aires Capital Federal n’a pas voté pour le parti au pouvoir), l’un d’entre eux m’a expliqué que ce serait peut-être pour diminuer le poids de la dette. Chose certaine, ces mesures controversées diminuent la confiance des investisseurs étrangers qui se tournent toujours plus vers le Chili.

3. Il y a beaucoup de faux billets en circulation, et plus que contrefaits, ils sont mal faits. Imprimés de travers, sur du papier blanc, vous ne saurez trop comment ils se retrouvent dans votre portefeuille. Un truc: plus vos billets sont vieux, sales et déchirés, plus les chances sont grandes qu’ils soient vrais. D’où la valeur sûre de l’argent sale. Peut-être que l’UPAC trouvera des ramifications mafieuses ici.

Mon faux billet de 20 pesos

4. Lorsqu’on se promène dans une rue commerciale de Buenos Aires, on pourrait croire au marché parfait: tous les magasins de ce pan de rue vendront exactement la même chose. Par exemple, mon quartier, Villa Crespo, se spécialisait dans la laine, et une dizaine de magasins se partagent la vente de hilados y lanas. Mais détrompez-vous, car les Argentins ne font pas dans la concurrence pure et parfaite, sinon dans l’oligopole. On ne négocie pas comme en Bolivie !

5. Graffitis, affiches et pancartes scandent le même message « Pirates britannicos, a fuera de las Malvinas ». Sujet chaud en Argentine, quasi-inconnu en Grande-Bretagne, en bref: les Anglais, ces méchants impérialistes (Canadiens pro-couronne, sachez que vous risquez d’en froisser plusieurs) sont propriétaires des Îles Malouines, très rapprochées géographiquement du territoire argentin. Ce qui, selon l’Argentine, serait suffisant pour les revendiquer. Bien sûr, le fait que ces îles soient une plateforme pétrolière n’y est pour rien dans ce conflit…

6. Autres pancartes et graffitis qui arboraient les rues du pays durant mon échange, sont des slogans scandant « YPF 100% pública » Vous en aurez sûrement entendu parler, mais le gouvernement argentin a réussi à  expropier Repsol,   entreprise espagnole, de YPF, une des pétrolières du pays. Les conséquences sont encore à venir, mais ce qui est certain, c’est que ça n’a pas arrangé l’image de gaucho économique de l’Argentine.

Je suppose que vous aurez réalisé que la réalité économique de l’Argentine est fort différente de celle du Québec. Ce pays, qui en 1913  était l’un des plus riches du monde, (son PIB par habitant le positionnant au douzième rang mondial, juste devant la France) semble avoir freiné son développement par des politiques économiques et monétaires des plus farfelues. Pour ceux qui viendront étudier à la di Tella et qui voudront se rendre compte de cette réalité, je vous conseille de suivre le cours Historia ecónomica argentina qui se retrouve aussi sous le nom Seminario de politica económica argentina, qui peut être crédité pour « Problèmes politiques et économiques (PPE) ». Et l’Argentine, elle est championne dans la création de PPE! Pour les régler par contre… seul le temps le dira !

 

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