Gothenburg: Premières Impressions

Je l’ai vu venir. C’est venu. J’ai vaincu.   Depuis les mois que j’anticipais mon échange en Suède, ce sont les derniers moments avant mon départ qui ont été les plus étranges; à mi-chemin entre la nervosité, l’excitation et la méfiance face à l’inconnu. Je me suis levé le matin du 15 janvier comme si […]

Je l’ai vu venir. C’est venu. J’ai vaincu.

 

Depuis les mois que j’anticipais mon échange en Suède, ce sont les derniers moments avant mon départ qui ont été les plus étranges; à mi-chemin entre la nervosité, l’excitation et la méfiance face à l’inconnu. Je me suis levé le matin du 15 janvier comme si c’était n’importe quel matin de routine, un peu pressé et énervé, avec un horaire à respecter, oubliant presque complètement pourquoi je devais être à l’aéroport à 10h, sachant seulement que je devais y être. La voiture stationnée, accompagné de ma famille, je me dépêche vers le comptoir d’enregistrement, même si, pour une fois, je suis à l’heure. Je m’inscrit, cède mes bagages au trou noir qui les transportera jusqu’au Danemark et rejoins la file de gens qui attende de se faire fouiller. J’embrasse ma famille une dernière fois avant de partir et c’est lorsqu’ils sont disparus derrière un mur que je savais que c’était réellement commencé. Qu’est-ce qui venait de commencer? Mon échange, bien sûr, depuis mon arrivée à HEC Montréal je me préparais pour cette opportunité incroyable, mais j’avais l’impression que je m’embarquais dans plus qu’un simple échange étudiant. Je n’aurai jamais été parti aussi longtemps de la maison. Je ne savais pas du tout ce qui m’attendait, mais j’avais hâte.

 

Le Voyage

 

 

J’ai traversé le détecteur de métal sachant que j’abandonnais ma liberté pour les plusieurs heures qui allaient suivre. Le processing du voyageur était déjà en marche. Entre vérification, inspection, contrôle, longues attentes, divertissements limités et les quelques secondes d’euphorie lors du décollage et de l’atterrissage de l’avion, j’ai voyagé de Montréal à Copenhague, en passant par New York et par Rejkyavik, capitale, et seule vraie ville, de l’Islande. C’est en arrivant en Islande que la fatigue m’a frappé, grâce au changement de fuseau horaire qui a éclipsé la nuit selon mon horaire québécois. L’arrivée en Islande était magique. Je survolais en avion au-dessus de l’Atlantique-nord, vis-à-vis les étoiles. Autour de moi, la noirceur totale. Seule l’aile de l’avion clignotante que j’apercevais par le hublot me rappelait que j’étais sur Terre. Et tout à coup, un amas de lumières apparait sous moi. Quelques paroles en islandais de la part du capitaine et plusieurs kilomètres/secondes plus bas, j’arrivais dans ce pays mythique. Faits saillants de mes quelques heures en Islande : un yogourt hyper-épais délicieux, appelé « Skyr », la quantité de gens avec un verre de vin à la main à 6 heures du matin (pratiquement tout le monde) et surtout, l’infâme noirceur. Eh oui, en décollant de l’Islande à 8 heures du matin, on aurait dit qu’il faisait encore plus noir qu’à 5 heures. Le Soleil boude visiblement la Scandinavie l’hiver, j’allais le constater davantage en arrivant en Suède!

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Copenhague

 

 

Le vol vers Copenhague s’est très bien passé, du moins dans la mesure que j’étais profondément endormi pour la totalité du voyage. Première chose que j’ai fait en débarquant de l’avion : je me suis acheté un hotdog danois. J’ai immédiatement tombé pour ce pays! Une longue saucisse d’un pied, parfaitement cuite, dans un pain exagérément trop petit, garni de rémoulade et  d’oignions frits; un vrai délice qui allait devenir ma collation quotidienne pendant mes 3 jours à Copenhague. C’est une ville qui a beaucoup de charme et qui se découvre très bien à pied. Entre les ruelles étroites, les maisons multicolores et les châteaux et vieilles églises qui s’y glissent, on est vite apprivoisé par Copenhague. C’était la première fois que je faisais le touriste seul et au début, c’était quelque peu ennuyant, mais après une journée, on s’habitue et, par pur hasard, on fait des rencontres! Ce que j’ai le plus aimé de Copenhague : les hotdogs, bien évidemment, mais aussi le mélange impressionnant d’architectures concentrées dans le centre de la ville ainsi que le quartier coloré de Christiania, un ancien camp militaire qui, abandonné dans les années 1970, a été adopté par les hippies et qui aujourd’hui conserve un statut quasi-indépendant au Danemark tout en étant un centre illégal mais toléré pour le commerce de la marijuana. Ce que j’ai moins aimé : le froid, intensifié par les vents violents venant de la côte et le coût de la vie, qui est après tout justifié par la position du Danemark au sommet des pays les plus imposés du monde.

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Arrivée à Göteborg

 

Après 18 heures de transit et 3 jours presque sans sommeil, décalage horaire et lits d’auberge inconfortables étant de la partie, j’avais très hâte d’enfin arriver dans mon nouveau chez moi à Göteborg, d’autant plus que traîner deux valises, dont une à la roulette s’étant détruite en chemin, s’avérait de plus en plus pénible. Le voyage en autobus entre Copenhague et Göteborg dure environ 4 heures. Bien que le chemin longe essentiellement la côte ouest de la Suède, c’est-à-dire le long de la Mer du Nord, la forêt épaisse limitait la vue. Le paysage ressemblait plutôt à ceux que l’on peut observer un peu partout au Québec, à l’exception des villages qui, eux, ne pouvaient m’induire en erreur quant à là où je me trouvais : hautes maisons colorées à pignons, peu d’étalement commercial autour des villes et des enseignes empreintes de lettres qui n’appartiennent pas à mon alphabet.

Une fois arrivé au Terminal Nils Ericsson, au centre de Göteborg, deux étudiantes de mon université adoptive m’accueillirent avec le sourire. Grâce à elles, je me suis senti beaucoup moins perdu en arrivant et plus comme chez moi, et je leur en remercie! Seulement quelques minutes après mon arrivée, j’avais déjà ma «kort» de transport en commun et j’embarquais pour la première fois dans le Tramway, le principal moyen de transport de la ville. Treize lignes de trains relient la ville, partageant la route avec les voitures, les vélos et les piétons, chacun ayant sa voie. La plupart des routes principales sont en effet très larges, ce qui distingue Göteborg d’autres villes européennes.

J’y suis déjà à ma troisième semaine et je peux dire que je me suis facilement adapté à la ville, à l’université ainsi qu’à la société suédoise en général. C’est peut-être parce que la vie ici n’est pas si différente, au fond, de la société québécoise, bien qu’il y ait plusieurs différences majeures. Peut-être aussi est-ce parce que j’ai été si bien accueilli et intégré par la University of Göteborg et par la grande communauté d’étudiants internationaux que j’ai eu la chance de rencontrer jusqu’à maintenant.

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Dans les prochaines publications, je partagerai tout ce qu’il y a à savoir sur l’Université of Göteborg, les résidences, la ville, la vie étudiante, etc, etc… Pour le moment, je vous laisse avec mes premières impressions et découvertes sur la Suède jusqu’à présent :

 

  • Le suédois, en tant que langue, semble complètement sans repère pour quelqu’un comme moi, habitué aux racines latino-germaniques. Cette langue, par écrit, comporte plusieurs lettres utilisées fréquemment qui m’étaient inconnues, notamment ä, ö, å, ce qui fait baisser les bras, à prime abord, au niveau de la prononciation. À l’oral, la langue est beaucoup plus facile à comprendre. Je suis très loin de parler suédois, voir même de m’exprimer en phrases simples, mais on s’habitue rapidement aux sons de la langue et les ressemblances à l’anglais, et parfois même au français, ne sont pas inhabituelles.
  • Les suédois ont un 4e repas officiel dans leur journée (ou 5e si vous êtes de ceux qui incluent le dessert dans les repas quotidiens) : il s’agit de la « fika ». La fika, c’est simplement un café et une pâtisserie au choix. On prend le café partout, vous direz! En Suède, ce n’est pas une gâterie occasionnelle.  Les suédois adorent le café et la fika est leur excuse, non exclusive, pour en consommer davantage. Parmi les pâtisseries, les plus populaire ici sont les brioches à la cannelle (vous reconnaîtrai IKEA) ainsi que les «semla», un gros chou bourré à la pâte d’amande et à la crème fouettée, un délice de saison hivernale.semla
  • Les bureaux et magasins typiquement suédois sont tous présents à Göteborg : H&M, Volvo (originaire de la ville) et bien sûr IKEA. Les IKEA ici sont identiques aux IKEA nord-américains à l’exception qu’ici, ils sont aussi un restaurant populaire! Vers 17h, la cafétéria du IKEA est remplie de gens qui profitent du repas de boulettes à 5$. De plus, les IKEA suédois se sont déjà lancés dans la vente de leur nouveau modèle de téléviseur, qui sera lancé à l’international dans quelques mois.
  • Il y a des dépanneurs 7-Eleven partout. Absolument partout. Je dois marcher environ 5 minutes pour me rendre de mon arrêt de train à mes cours et j’en croise 4 en chemin. C’est un commerce de choix pour la fika, évidemment!
  • L’alcool en Suède est complètement régie par une institution publique appelée «Sistembolaget». À l’extérieur des restaurants, bars et boîtes de nuits, tout alcool qui comporte plus de 5% d’alcool ne peut être vendu ailleurs qu’ici et, comme tout en Suède, les taxes sont élevées et les heures d’ouvertures restreintes, ce qui n’empêche toutefois pas les Suédois de se laisser aller le soir, jeunes comme plus âgés!

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